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Bit-Sangibuti est mentionnée par Tiglath-Pileser III d'Assyrie, au 8e siècle avant notre ère, comme étant dans le pays de Namri, avec Bit-Matti.

Avant lui, Shamsi-Ramman, roi d'Assyrie vers le 9e siècle avant notre ère, nous a laissé un long texte d'une expédition à travers les montagnes du Zagros : « Après avoir passé la rivière Zaban et la montagne Silar, il a reçu, dans le pays de Nairi, les tribus des rois de Hubushkia, de Sunba, des Mana, des Parsua, Taurla sous forme de chevaux. […] Puis celui de la ville de Sibara où il a laissé une gravure de ce que sa royale personne a fait dans le pays de Nairi, la place forte de Gizilbunda. Ensuite il a marché vers Mata. Les gens ont été effrayés. Le roi les a poursuivi et en a tué 2300 et capturé 130 chevaux. Enfin le roi assyrien a détruit par le feu la cité royale de Sagbita avant de revenir vers les montagnes de Musri et batailler vers Araziasha pour remplir les ravins des corps des guerriers ennemis. »

En plus de la ville de Sagbita, ce dernier texte permet de retrouver le toponyme Bit-Matti ou Mata aux confins des pays de Nairi et d'Urartu, c'est à dire au Nord-Est de l'Assyrie dont on sait qu'à l'époque ils descendaient jusqu'à Musasir. Ils devaient avoir une frontière avec le pays de Namri, anciennement Numha.

François Thureau-Dangin qui a étudié les lieux géographiques traversés par la 8e campagne de Sargon, en 1912, positionne assez précisément un certain nombre de villes, et notamment celle de Sangibutu. A sa grande surprise, elle y apparaît située au nord du Lac d'Ourmia.

Aussi Shamsi-Ramman décrit une expédition vers l'est de l'Assyrie en remontant vers le nord.

Le candidat le plus probable pour Sangibuti est le site de Bastam dont les premières traces de peuplement remontent au IIIe millénaire avant J.-C. La forteresse Urartréenne du 7e siècle avant notre ère, qui surmonte la ville, a été ensuite appelée Rusa-i Uru Tur en élamite, en souvenir du roi Rusa.

Le plus étonnant est que ce même toponyme, écrit « Segibbu » a été trouvé dans les archives du Tell Shemsharah du 18e siècle avant notre ère, 1000 ans auparavant. Il est une étape d'un parcours permettant à un dénommé Kushija de rejoindre Samsi-Addu, en passant successivement par Zaslum, Segibbu, Zikum, Ura'u, Lutpis, et le pays de Haburatum.

Le point de départ est incertain, ce peut être Šušarra, c'est à dire le Tell Shemsharah, ou bien Zaslum qui peut être compris comme étant la ville de résidence du dénommé Kushija. De plus, dans le texte, il est fait allusion aux conditions climatiques hivernales qui peuvent bloquer le voyageur. Et on peut comprendre que le parcours proposé, plus long, à l'avantage d'avoir moins de cols de haute montagne à traverser. Voici ma proposition de localisation des différentes villes étapes de ce voyage :

  • Zaslum est Asala, c'est à dire le Tepe Hasanlu.
  • Segibbu est la ville ici étudiée positionnée sur le site de Bastam.
  • Zikum, probablement une ville à l'origine du pays d'Ardzik des Arméniens.
  • Ura'u serait l'ancienne écriture d'Urartu.
  • Lutpis, peut être l'ancien nom de Bitlis.
  • Le Pays de Haburatum est le nord de l'actuelle Syrie, où se trouvait Subat-Enlil lieu principal de résidence de Samsi-Addu, atteint, vraisemblablement, en descendant la vallée du Tigre.

Ce chemin est possible car, ne l'oublions pas, les marchands d'Assur voyageaient couramment jusqu'à Kanes.

 

Pour l'explication sur les couleurs de textes, cliquer ici.

Pour une version en anglais, cliquer ici.

Mes notes de vraisemblance :

Sangibuti, Sagbita, Segibbu est le nom assyrien du site de Bastam au nord-ouest de l'Iran : 3/5

Tag(s) : #Site du Golf Persique, #Pays d'Urartu, #Pays de Numha, #Pays de Nairi, #Empire Assyrien

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