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Voici un extrait d'une tablette de Tell Leilan qui donne une bonne vue de la position géographique du pays appelé Numha vers la première moitié du deuxième millénaire avant notre ère : « Dans le pays qui est situé derrière la montagne, ils ont commencé à kidnapper les citoyens des villes, les Numhéens, mais aussi tous les hommes (d'autres nationalités) qui y habitent. Un homme d'Allahad s'est échappé et m'a dit ceci : « Les brigands reviennent après avoir passé la rivière, et dans le pays de Jassan ont rejoint Azuhinum ». Je vais essayé d'avoir d'autres informations sur ces troupes pour les communiquer à mon père. Pour ici, qu'en est-il du renfort de 100 soldats que j'ai demandé à mon père ? Si vous, Astamar-Adad et Sepallu aviez envoyé des troupes demandées, elles se seraient mises aux frontières de ton pays, dans le district que je suis chargé de garder ; depuis les crêtes du mont Saggar tout le long du pays de Jassan. Ici est-ce ta ville ou n'est-ce pas ta ville ? »

On peut en conclure que les Numhéens habitaient à l'Est du Tell Leilan, après le pays de Jassan, Yussan ou Hassan, au delà des montagnes du Zagros et non pas vers le Sindjar.

Je considère que le pays de Numhâ est celui qui fut successivement appelé Namar (sous Nabuchodonosor Ier, au 12e siècle avant notre ère), puis Namri et enfin Nammiri du temps des Neo-Assyriens. Il était situé entre les pays d'Ellipi et celui qui est devenu, plus tard, celui des Mèdes.

Voici ce qu'a écrit Gaston Maspero au sujet de cette région : « Depuis longtemps, les peuples de la Mésopotamie entretenaient des relations suivies avec ceux de la Médie. Trois routes les menaient de la vallée du Tigre moyen au plateau de l'Irân : l'une, la plus employée, franchissait le grand Zab et débouchait dans le bassin du lac d'Ouroumiyèh, par le col de Kélishin ; l'autre conduisait à travers la passe de Bannèh jusqu'à l'Ecbatane du Nord ; une troisième enfin remontait le Petit Zab. Par les trois, les caravanes apportaient à Ninive les produits de l'Asie centrale, l'or, le fer et le cuivre, les étoffes, les pierres précieuses, la cornaline, l'agate, le lapis-lazuli, quelquefois enfin des animaux curieux, l'éléphant, le rhinocéros et le chameau à deux bosses de la Transoxiane. Aussi la plupart des rois ninivites avaient-ils voulu posséder le district de Namri, auquel elles aboutissaient. Ils s'y heurtèrent à des tribus guerrières, analogues pour les moeurs et pour l'audace à ces Kurdes d'aujourd'hui, sur lesquels leurs soi-disant maîtres turcs ou persans n'exercent qu'une primauté des plus contestées. Vers le sud, aux confins de l’Élam et de la Susiane, l'élément araméen dominait encore : là étaient le pays d'Oumliyash avec sa capitale Bît-Ishtar, les cantons de Bît-Sangibouti, de Bît-Kapsi, les villes de Girgira, d'Akhsibouna et vingt autres dont les noms trahissent l'origine. En seconde ligne, mais toujours sur la frontière élamite, les peuples d'Ellibi se déployaient du nord-ouest au sud-est. Les vallées profondes et boisées, que se creusent les affluents du Tigre et de l'Oulaï, leur offraient des retraites où les chars et les fantassins lourdement armés de l'Assyrie avaient peine à les atteindre : on parvenait encore à les battre, mais tous les conquérants du monde antique, les Perses, les Macédoniens, les Parthes s'efforcèrent en vain de les asservir. Au nord de ces barbares, mais au sud du Zab inférieur, le Namri, puis, au nord-est, le Parsoua, complétaient la barrière vivante qui séparait Ninive du plateau central. »

Selon Maspéro, donc, à la frontière actuelle entre l'Irak et l'Iran se trouvaient trois régions, du sud au nord, l'Oumliyash entre l'Ouknou et le Tigre, le pays d'Ellipi et enfin le Namri accessible d'Irak par trois cols.

Les villes du Numha les plus connues des archives de Mari sont : KurdaKasapaHamadanum, Burallum et Karana un certain temps.

Environ mille ans plus tard, les archives néo-assyriennes mentionnent en Namri les villes de Bit-Sangibuti, Bit-Hamban, Sumurzu, Barrua, Bit-Zualzash, Bit-Matti, Bit-Kapsi, Harhar (appelée ensuite Kar-Sharrukin), Kishesim et Ellipi. Les recoupements entre les deux époques se limitent aux trois villes suivantes :

Cela montre un renouvellement assez important des villes et/ou un déplacement des frontières du pays qui devait occuper le Louristan durant l'âge du bronze et qui, les siècles suivants, semble s'être rapproché des frontières de l'actuel Irak tout en s'étendant vers le nord.

Simma'ila-hanêm est un roi de Kurda connu des archives de Mari pour avoir fait un voyage vers les bords de l'Euphrate : une extrême attention et les plus grands égards ont été pris pour sa venue.

Les traducteurs des textes de Mari ont été trompés par les déplacements de populations. Lors des conquêtes de Samsi-Addu, plus précisément celles de son fils Isme-Dagan, le courrier II99 montre que des gens du Numha et du Yamutbal ont été envoyés en esclavage vers Terqa.

 

Pour une version en anglais, cliquer ici.

Pour l'explication sur les couleurs de textes, cliquer ici.

Tag(s) : #Site du Golf Persique, #Pays de Mari, #Pays de Numha, #Empire Assyrien

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